Question paradoxe

Question paradoxe

Pour l’actualité globale, vous avez ce qu’il vous faut autour de vous. Pour votre actualité intérieure, vous avez ce qu’il vous faut en vous.

Nous parlons confinement, nous parlons état d’urgence sanitaire, nous parlons privation de libertés, nous parlons mais comment agissons-nous ? Comment agissez-vous ? Les préoccupations actuelles vous invitent à une introspection, parfois perçue comme forcée.

J’évoquais dans un autre billet la question de la zone de confort. Nous sommes dans une situation paradoxale : je constate un grand nombre de personnes réticentes à l’idée d’être confiné chez soi, lieu censé être notre cocon, notre zone de confort ultime. Pourtant, nous pouvons rapidement sortir de ce paradoxe en questionnant le concept de liberté fondamentale. Une liberté fondamentale constitue pour un être humain l’ensemble de ses droits en tant qu’individu d’un Etat de Droit et d’une démocratie. Le site du Ministère de la Justice reprend l’ensemble de ces droits dont la vocation première est de protéger chaque être humain.

Quelques droits fondamentaux répertoriés :

  • la vie
  • le respect de l’intégrité
  • la liberté de pensée, de conscience et de religion
  • l’éducation

Le choix de ces libertés se fait via la notion d’essentiels de vie, de choses sans quoi nous ne pourrions pas jouir pleinement de notre existence en tant qu’être humain.

Pour revenir à notre paradoxe initial, il peut être interprété via la question suivante : pourquoi nous priver de l’un des droits fondamentaux, celui de la libre circulation, à un autre, celui de la vie ? Autrement dit : dans quelle mesure suis-je prêt à soustraire l’une de mes libertés fondamentales pour une autre ? Nous mettons en confrontation deux essentiels de vie entre eux. Seulement, la question de la pandémie a de simple son envergure : une grande majorité est concernée par un combat où la seule manière de se battre est de rester chez soi, de se priver d’une liberté pour en défendre une autre. Nous mêlons à cet effet un paradoxe de l’action qui réside dans l’inaction. Pour agir nous ne devons « rien faire », a priori. Mais le paradoxe gêne par définition. Pour en sortir, il faut passer par une phase de questionnement, sans quoi nous resterions à tourner en rond, position peu confortable.

C’est dans le paradoxe que le monde avance et que la pensée se construit. L’un des premiers paradoxes a été soulevé par Héraclite en répondant à la question posée par l’Ecole de Milet : Qu’est-ce qui persiste à travers le changement ? Le changement lui-même. Ce questionnement philosophique est construit autour d’une mise en abîme, c’est-à-dire une imbrication d’une notion avec elle-même. Nous sommes aujourd’hui face à ce même paradoxe : confinés, nous sommes alors confrontés à nous-mêmes. Pour les plus chanceux, ce temps se transforme en un terrain propice au questionnement. Il convient, à mon sens, de le cultiver et le mettre à profit pour une cause plus grande que nous : les autres.

Vivre en temps de crise à de bouleversant le fait que nous sommes tous amenés à reconsidérer des standards acquis, entreprendre de nouveaux projets tout en sachant qu’il y a un avant, et un après. Vivre en temps de crise, c’est l’opportunité de reconsidérer l’ensemble de ses repères pour préparer l’après. Vivre en temps de crise, c’est comprendre l’universalité des principes fondamentaux et les enjeux de leur maintien dans le futur que nous construisons.

De l’un au multiple, de l’individu au groupe, chacun est moteur de son questionnement et des paradoxes qui lui sont associés: à vous de jouer.

A bientôt

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Pour aller plus loin dans le questionnement, l’ouvrage de Jeanne Hersch – L’étonnement philosophique reprend une histoire de la philosophie via le prisme des questions que les hommes se sont posées petit à petit. Peut-être parfois ardu mais tout aussi excellent.

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