Question révolution

Question révolution

Ceci est une révolution

Les Guignols, parodiant Steve Jobs sur la sortie de l’iPhone 5

Et dire que j’écris cela avec un MacBook…

DÉFINITIONS

La révolution : terme que nous entendons aussi souvent que « crise » ces derniers temps. Terme qui à mes oreilles sonne comme étant une énième supercherie mentale que l’univers professionnel use à merveille pour lancer un nouveau concept, un nouveau produit, bref, LA révolution…

Mais recardons ne serait-ce qu’un peu ce que signifie vraiment la révolution. La définition sens premier du Littré de révolution est le « retour d’un astre au point d’où il était parti » . La deuxième est « état d’une chose qui s’enroule. ». La troisième est relative à ce qui « se dit d’un mouvement de rotation qu’une ligne ou un plan déterminé décrit autour d’un axe immobile » . Il faut aller à la 7ème définition pour trouver son sens figuré reprenant le « changement dans les choses du monde, dans les opinions, etc » .

Même constat sur Le Larousse en ligne et Le Robert. Vous voyez où je veux en venir. Une révolution n’est autre qu’une chose qui revient à son état initial.

À FORCE DE CRIER AU LOUP…

Force est de constater que la spéculation autour des révolutions marketings pour les services et produits constituent ce jour plus un argument à haute valeur commerciale qu’une vraie révolution. En poussant le bouchon un petit peu plus loin, nous pourrions même considérer que ces révolutions ne sont que des ersatz des vrais changements que le monde a constaté, en vain, confirmant le néant dans lequel les nouvelles générations tentent tant bien que mal à apprivoiser.

À quoi bon attendre les prochaines révolutions si nous savons que finalement, nous retournerons au début d’un cycle. Certainement une question d’espoir. L’espoir fait vivre en effet. Avec les révolutions observées, cependant, il a plus tendance à nous confirmer que nous fonçons droit dans le mur. Mais comme nous le soulignons depuis des décennies, il est encore temps de changer…

DES RÉVOLUTIONS

LA PRISE DE CONSCIENCE

L’Histoire. L’Histoire est une source d’informations sur l’évolution de notre monde qui reste aussi inépuisable que fascinante. Chercher à la comprendre, même modestement, permet de prendre un recul déterminant. Même modestement, son apprentissage nous donne les clefs de raisonnement pour comprendre où nous en sommes et agir.

LA PREMIÈRE (VRAIE) RÉVOLUTION

Vous connaissez les sumériens ? La Mésopotamie ? Cet endroit que les jeux révolutionnaires sur Smartphone exploitent pour vous faire devenir les maîtres du monde ? Imaginez-vous 2 500 ans avant J-C, en pleine vallée entre le Tigre et l’Euphrate, avec vos compères. Le fameux croissant fertile dont la révélation se fait au collège.

Source : Historyweb

Constatant la richesse agricole du lieu, vos cultures s’accumulent et vous disposez désormais d’un surplus de récolte que vous devez stocker. C’est le moment d’établir votre première société. Cette prise de conscience du groupe et d’une construction sociale est fondamentale. Elle constitue la véritable première initiative de civilisation au sens primaire qui pourrait être : « la constitution d’un groupe sédentaire qui se construit sur des bases complexes et s’articule autour de ses membres ». Modeste définition fortement rejetable, le propos est ici plus de souligner la naissance de Sumer et de la civilisation sumérienne comme une prise de conscience d’un peuple de lui-même. S’y adjoignent des éléments spirituels, militaires, etc. contribuant à la complexité, propre à toute civilisation. Une prise de conscience, donc…

D’AUTRES RÉVOLUTIONS

Énumérer toutes les périodes candidates à la définition de révolution serait vain. L’on aborderait avec aisance la question de la naissance des religions monothéistes, la révolution agricole, la révolution industrielle, la révolution internet… Pour autant, une constante s’observe dans cette mise en perspective de long terme de l’Histoire du monde : celui de la croyance.

Un billet sera écrit concernant la croyance. Repassons rapidement ce qu’elle implique avec les « révolutions » évoquées au-dessus. La première concerne la naissance des religions. Inutile de développer la place de la croyance dans les religions, qu’elles soient polythéistes ou monothéistes, toutes réponses aux inconnues proviennent d’un acte divin.

Concernant la révolution agricole et la révolution industrielle, la principale croyance résidait dans celui du progrès technique selon lequel notre bien-être serait amélioré avec la machine.

Un raisonnement semblable au précédent peut-être appliqué à la révolution internet avec comme différence l’ultra-connectivité qu’il a permis. Instantanéité et digitalisation du monde résument bien les transformations qu’internet a apportées.

LA CROYANCE DES RÉVOLUTIONS

CONJURER LE SORT

Si la croyance est au coeur des révolutions, c’est que ces dernières stimulent l’espoir cultivé par l’Homme de pouvoir contrôler son destin. La maîtrise de la technique lui permet de répondre à la fatalité qu’est la sienne face aux deux questions majeures :

  • Qu’y avait-il avant le temps ?
  • Qu’y a-t-il après la mort ?

Force est de constater que face à ces deux questions plus anxiogènes qu’autre chose, les civilisations ont bâti des systèmes de croyances marqués par une tendance commune : la fin du monde et sa renaissance. Les formes les plus religieuses abordent le sujet via l’Apocalypse. Ainsi nous pourrions à proprement parler d’une révolution, avec une table rase du passé donnant lieu à un nouveau monde.

LE BESOIN D’EXISTER

Phénomène social par excellence, né de la révolution digitale, le besoin d’exister agite les atavismes de puissance et de domination de la scène, ces temps-ci une scène numérique. La situation sanitaire mondiale invitant chacun.e à se confiner chez soi n’arrange rien, amplifiant le phénomène des réseaux sociaux, de ses bonnes choses et de ses dérives.

C’est dans cet environnement social que l’agora de jadis devient le pilori cathartique de chacun.e. En d’autres termes, où chacun.e souhaite mener sa propre révolution, se réclamant de son droit d’expression pour contrecarrer le sentiment d’impuissance face à une machine devenue trop rapide pour nous. La suite vous la connaissez, une montée en puissance de l’ego et un manque de prise de recul, de vision globale.

Et donc ?

Quelles conséquences sur ce manque de vision globale ? Des décisions de court terme coupant court aux nobles intentions de changer les choses en profondeurs. Une culture de l’immédiateté anesthésiant des volontés de changer les choses, des volontés pourtant bien réelles et bien ancrées en chacun d’entre nous.

En conséquence, des initiatives qui se transforment trop rapidement en simples velléités. Quant à la Révolution, à en croire l’histoire et les dictionnaires, je vous donne rendez-vous au prochain point de départ.

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