Question transformation

Question transformation

Você é o criador de sui próprio mérito

Ezequiel dans la série 3%

Nota Bene : Ce billet a été rédigé le 23 octobre 2017. Si aucune modification de fond n’a été entreprise, la forme a quant à elle été quelque peu adaptée, ainsi que de rares ajouts. L’environnement concerné est principalement professionnel, mais le raisonnement peut être appliqué à bien d’autres dimensions.

Il est monnaie courante de lire sur les réseaux sociaux (notamment professionnels) des articles traitant de la digitalisation, de la transformation, bref de l’évolution du monde d’un point de vue technologique. Plus rares sont les articles reprenant la transformation de l’humain face à ces changements. Pour autant, n’oublions pas que les premiers acteurs du changement ne sont personne d’autre que nous, et que nous avons tendance à perdre notre faculté de transformation de nous-même, dépassé(e)s par les événements.

Les nouvelles technologies viennent sans difficulté en appui de ces transformation, avec en premier lieu l’intelligence artificielle, mais à quel prix ? Qu’en est-il de l’intelligence « authentique », une autre IA qui a aussi son mérite ? A cette notion peut être rattachée celle de l’esprit critique, plus souvent rencontrée dans les articles. Mais comme beaucoup de choses, nous entendons toujours, mais n’écoutons presque jamais, de la même façon que nous parlons souvent, pour ne rien dire… Il existe donc un véritable risque de dilution de son Intelligence Authentique, au profit d’une forme d’automatisation de ses actes en fonction de son environnement. La fin est simple : nous consommons le temps comme il nous est demandé de le consommer, et non comme nous le souhaiterions, au risque de nuire à notre propre transformation.

Je me soucie par ailleurs de ces transformations d’un point de vue professionnel. Si nous ne passions pas 8 heures par jour en moyenne sur notre lieu de travail, la question serait inopportune, mais combien de temps passez-vous au travail ? L’environnement professionnel fait partie intégrante de notre vie et nous fonctionnons beaucoup en fonction de lui. Deux personnalités majeures rythment nos journées : qui l’on est au travail, et qui l’ont est chez soi. C’est une sorte de Dr Jekyll et M. Hyde des temps modernes. Malheureusement, les évolutions et les pressions que nous nous imposons pour satisfaire à des standards professionnels nous portent préjudice car entravent notre propre transformation. Il faut comprendre ici que cela entrave la transformation que nous pourrions mettre en place sur nous-mêmes, au profit d’une transformation motivée par les évolutions des besoins générés par ce qui nous entoure (comprenant l’entreprise). Si l’on pousse le raisonnement au bout, nous façonnons notre esprit au profit de quelqu’un ou quelque chose d’autre que nous-même, une sortie de vie par procuration.

Le risque, voire la catastrophe sont déjà présents, car nombreux se sentent dépassé(e)s par les évènements et n’ont comme issue de secours que la survie mentale :

  • recherche constante de ce qui me plaît dans la journée pour trouver le peu de bon que j’aime dans mon quotidien ;
  • chercher à tout prix à se divertir pour déconnecter du travail ;
  • relativiser les décisions d’un management souvent en décalage avec les besoins essentiels.

L’une des dérives les plus marquantes de ce mal être est son auto-entretien par des nouvelles activités dont l’objet est de nous aider à relâcher la pression. J’entends trop souvent lors des mes entretiens des personnes parlant d’une activité pour se changer les idées : méditation, sport… Aristote parlait de catharsis, je parle de catharstrophe. Pourquoi ? Simplement parce que les réponses à la question « pourquoi faites-vous cela ? » ont comme réponse : pour décompresser. Si l’objectif est louable, la finalité reste douteuse. A quoi bon décompresser pour retourner dans un cycle de ce qui ressemble à une frustration constante ? La méditation et le sport sont des outils formidable, si tant est que leur objet nous aident à nous recentrer, non pas à décompresser, ou faire un vide qui se remplisse de nouveaux à chaque fois. L’une des lectures de l’existence est celle du cercle, avec un principe de révolution et ce que cela implique : voir l’article Question révolution.

Les chefs d’accusation sont nombreux, mais ne sont pas pour autant insurmontables, au contraire. Chacun(e) est dépassé, à sa manière, et chacun(e) doit donc agir, à sa manière. Dans d’autres domaines, j’entends souvent des personnes se plaindre de l’ultra-connectivité, de la peur des autres, de ne pas être à la hauteur… De nombreuses questions reflétant complexes et mal-être assez improbables, comparés à ce que nous pourrions faire par question de volonté et surtout par ce à quoi nous avons accès.

Les anciens préceptes philosophiques, avec en exemple le connais-toi toi-même, sont toujours mis en avant lors des sessions de formation, pour être systématiquement oubliés par la suite. Pourquoi ? Tout simplement à cause d’un quotidien que les gens finissent par subir. Pour autant, il n’est pas question ici de briser ce quotidien qui peut en rendre certain(e)s malheureux(ses), mais plutôt de l’adapter à son propre cycle. Encore une fois, si le changement opère, ce ne sera en aucun cas par les autres, mais par vous-même.

Sans forcément se rebeller, s’indigner ou faire la révolution, l’idée serait donc de se recentrer sur soi et sur ce que l’on souhaite. Oublier aussi les fausses excuses des « je n’ai pas le temps » : prenez-le. Ou encore « je n’ai pas le choix » : nous l’avons plus souvent que nous le pensons. Comme le souligne Ezequiel dans la série 3%, « Você é o criador do seu próprio mérito ». Pour les non- lusophones, je vous laisse faire votre première démarche de recherche de traduction, parce qu’après avoir lu ce billet, vous voudrez et vous pourrez comprendre 😉


  • Pour plus d’informations sur la catharsis, un petit tour sur Wikipedia : Catharsis
  • Sur l’aspect du changement, je vous invite à lire l’article (en anglais) de Mark Manson : No, you can’t make a person change
  • La question du changement, la transformation mérite beaucoup plus qu’un seul article, et il est bien entendu prévu de l’aborder avec plus de teneur via d’autres questions à venir.

Si un sujet vous chatouille l’esprit, si un concept vous titille les méninges, n’hésitez pas à prendre contact via la formulaire disponible via la page A propos.

A bientôt

Paradigmatiks.

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